Bon ben… voilà quoi…

A l’heure à laquelle nous publions, nous sommes à Ho Chi Minh au Vietnam, d’où nous décollerons cet après-midi pour Paris. Choc climatique et culturel assuré ! Nous sommes en ce moment partagés entre l’excitation de revoir nos familles et nos amis, et à la fois tristes de quitter cette culture sud-asiatique qui continue à nous étonner chaque jour.

Asie du Sud-Est

Merci de nous avoir suivis tout au long de ces quinze mois de voyage. On espère que vous avez pris plaisir à suivre nos aventures. On n’avait pas d’autre prétention que de vous faire partager la beauté des gens, des rencontres, de vous faire découvrir de nouvelles contrées, de nouvelles cultures, de vous faire vivre des bouts d’histoire tout en exprimant notre sensibilité proche de la nature.

Malgré quelques désaccords stylistiques de « première importance » et des retards de livraison, on s’est quand même bien amusé à mettre de la vie dans ce blog. Et pour les plus curieux, ne vous en faites pas, on a encore plein d’histoires censurées à vous raconter…

Mais assez parlé de nous, maintenant c’est à votre tour de parler de vous, autour d’un verre ou d’une bonne tartiflette, à vous de voir ! On aime bien aussi le poulet-frites maison, les galettes et les crêpes… Et bien entendu le pain, le vin et le fromage, au cas où vous ne l’auriez pas encore compris ! 🙂

Et promis, nous vous réécrirons dans quelques semaines, une fois qu’on aura posé nos affaires et commencé à digérer les souvenirs de cette belle et longue évasion… et les plâtrées de tartiflette…

Sur ce, nous vous souhaitons de très joyeuses fêtes de fin d’année
et une excellente année 2013 !

A bientôt en chair et en os !!!

Bérengère et Damien
ou Bébère et Tchoobil pour les copains

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Sur le village flottant de kompong Luong

Le voyage touche bientôt à sa fin mais on compte bien en profiter jusqu’au bout. On met le cap sur Battambang où on se balade dans des petites rues excentrées. On rencontre un monsieur de 54 ans qui tient à nous parler du passé du Cambodge à l’époque des Khmers Rouges. Il nous témoigne son histoire avec émotion en nous expliquant les rationnements de riz et de sucre à l’année, les déplacements compliqués à cause des contrôles de police permanents, la peur qui régnait dans le pays. Il n’a jamais autant connu la paix qu’aujourd’hui, alors même si la corruption est encore bien présente au Cambodge, ça n’a pas vraiment d’importance au regard de son passé.

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On prend un bus puis un tuk-tuk sur une route cabossée pour se diriger vers un village flottant sur le Tonlé Sap, le lac nourricier du Cambodge. Sur la route, on passe devant les maisons en bois sur pilotis qui permettent aux habitants de se protéger des bêtes sauvages et de rester au sec en période de mousson lorsque le lac augmente considérablement de volume. Pas de tracteurs sur les routes mais quelques charrettes tirées par des buffles. On profite de nos derniers instants dans ce pays pour admirer les paysages qui nous entourent, des plaines à perte de vue, des pièces d’eau, des cocotiers…

La région est le « grenier » du Cambodge, on y récolte du riz et de nombreux fruits et légumes. On aperçoit de loin les paysans qui récoltent le riz à la faucille, se protégeant le visage du soleil brulant avec des kramas, l’écharpe en coton traditionnelle du Cambodge.

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On prend une petite embarcation sur le Tonlé Sap et on navigue entre les maisons flottantes de toutes les couleurs, les boutiques en tout genre, les stations service, le poste de police, l’école, l’église. Les vendeurs de téléphone portables et les antennes TV sur les baraques nous rappellent l’époque à laquelle nous vivons. Les enfants envoient de la godille dès leur plus jeune âge. C’est étonnant de voir à quel point les gens se sont adaptés pour vivre ici.

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Le Tonlé Sap

Le Tonlé Sap est un lac d’une importance capitale pour le Cambodge. Il est le plus grand lac d’eau douce d’Asie du Sud-Est et un site de première importance du point de vue écologique, reconnu en tant que biosphère Unesco en 1997.

Le régime d’écoulement de la rivière Tonlé Sap est unique au monde : selon la saison elle coule du lac vers le Mékong ou du Mékong vers le lac, le lac servant ainsi de déversoir au trop-plein des eaux en période de hautes eaux et de réservoir en période de basses eaux.

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La superficie du lac pendant la saison sèche se voit quasiment multipliée par six quand arrive la saison des moussons. Lors de sa crue, le lac envahit les forêts et les champs avoisinants. L’inondation saisonnière crée un milieu idéal pour la reproduction des poissons, si bien que quelque 200 espèces y sont répertoriées. Une véritable providence pour les trois millions de Cambodgiens vivant dans la région. Le Tonlé Sap est en effet une des zones de pêche d’eau douce les plus productives du monde, fournissant plus de 75 % du volume annuel de pêche en eau douce du pays et 60 % de l’apport en protéines de la population cambodgienne. Le lac et ses poissons permettant aussi le refuge d’une quinzaine d’espèces de grands oiseaux en voie d’extinction. Les eaux descendantes laissent de riches dépôts nutritifs de sédiment dans la région, ce qui en fait une terre propice à l’agriculture pour le reste de l’année.

On passe la nuit sur ce lac dans l’unique Homestay du village. On communique avec nos hôtes par le langage des signes. On arrive à peu près à se faire comprendre… Enfin… Quand Bérengère essaye d’expliquer que ça sent bon en cuisine, un hôte lui rapporte des médicaments pour soigner le rhume !!!

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Bon diner (crevettes fraiches, riz, légumes, toutes sortes de sauces, ananas) partagé ensemble devant un feuilleton français diffusé à la TV, avec seulement deux voix en doublure (une masculine et une féminine) pour l’ensemble des acteurs… Soirée billard et coupage de cheveux pour Tchoobil le lendemain matin. Le salon de coiffure ne tanguait pas trop heureusement ! Tchoobil est maintenant tout beau pour le plus grand plaisir de sa maman…

On reprend la route vers la capitale du Cambodge : Phnom Penh. En se baladant juste quelques minutes dans la ville, on est frappé par les inégalités de richesse. Les mendiants côtoient les plus aisés qui roulent en 4×4. La prostitution y est flagrante. Les immeubles insalubres côtoient les palais royaux… Et on finit la soirée par la rencontre dans la rue d’un moine bouddhiste avec qui on discute de son quotidien.

C’est avec le cœur serré qu’on fait nos adieux au Cambodge, ce pays dont on se souviendra surtout du sourire de ses habitants malgré sa pauvreté. Un jour peut-être nous reviendrons…

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Les Temples d’Angkor

Encore chamboulés par notre rencontre avec les Enfants de la Rizière, on se décide enfin à aller visiter les monuments qui font la fierté de la nation et qui témoignent du passé glorieux du Cambodge. Certes les vieilles pierres sont moins rigolotes qu’une bande de joyeux lurons, mais on reste fasciné par le travail monumental effectué, quoique un brin mégalo !

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La civilisation Khmère centrée autour du site d’Angkor est l’une des plus extraordinaires que l’Asie du Sud-Est ait connue. Entre le 8ème et le 13ème siècle, une succession de rois hindous et bouddhistes ont fait édifier de somptueux temples de pierre. Au fil des siècles, le site se développa, chaque souverain ajoutant ses propres constructions. La finesse des sculptures et des bas-reliefs ainsi que l’architecture complexe des constructions ont éblouis les premiers Européens qui ont visité les lieux au 19ème siècle, et continuent à fasciner aujourd’hui : le site d’Angkor, après les nombreuses années de guerre et d’instabilité qui ont éprouvé le Cambodge, est devenu un des sites les plus visités au monde.

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La cité d’Angkor est difficile à saisir, mais elle garde d’éclatants vestiges d’une civilisation qui a su bâtir des systèmes d’irrigation sophistiqués, des temples-montagnes d’une grande complexité et amener l’art de la sculpture à un point de raffinement tel qu’il nous touche encore. On estime que plus de 80 000 personnes étaient nécessaires pour entretenir au 13ème siècle le réseau hydraulique du temple Ta Phrom.

Angkor a connu l’un des effondrements les plus méconnus de tous les temps. A son apogée, on estimait la population de sa capitale à 1 million d’habitants. En comparaison, Paris, ville la plus peuplée d’europe en 1150, comptait 50 000 âmes.

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On est impressionné par Angkor Vat, le temple le plus sophistiqué de la cité et le plus vaste monument religieux du monde ! On aime circuler en tuk-tuk, traversant la forêt qui a repris sa place depuis belle lurette ici. Mais notre coup coeur sera sans conteste le temple de Ta Prohm. Ce temple est le lieu d’un affrontement qui dure depuis des siècles entre la pierre et la nature. Si certains temples comme Angkor Vat ont toujours été entretenus, d’autres ont complètement été laissés à l’abandon pendant plusieurs centaines d’années, ce qui nous livre aujourd’hui ce genre de merveille…

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On se souviendra longtemps du singe caché dans un des recoins d’Angkor Vat qui a tendu une embuscade sur Bébère pour lui chiper sa bouteille d’eau !! Non sans violence, il aura fait céder la vaillante Petite au bout de la troisième tentative !! Tchoubil n’a rien pu faire pour protéger sa belle, bien trop loin lors de l’assaut et bien trop occupé à prendre des photos …

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On rejoint un dernier temple qui s’embrase sous la lumière du soleil couchant. Classe ! Et comme souvent dans ce genre de lieux, dense en touristes, on assiste à un spectacle burlesque, une sorte de frénésie photographique où on doit jouer des coudes pour accéder à un emplacement stratégique et vital dans la quête du Saint Graal : la plus belle photo de coucher de soleil !

On se moque un peu de nous-mêmes en écrivant ça bien sûr… Hein ! Mais ces personnages, excités de la gâchette, et équipés comme des paparazzis de chez Voici, nous font toujours bien marrer …

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Avec les Enfants de la Rizière

A Fougères, l’association « Les Enfants de la Rizière » agit sur la région de Siem Reap pour venir en aide aux enfants et favoriser les échanges culturels. Depuis plusieurs années, nous entendons parler des projets de cette association qui assure nourriture, hébergement, santé et éducation aux cinquante enfants qui vivent au centre de Takos, à 25 km de Siem Reap.

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Nous tenions à les rencontrer et éventuellement donner de notre temps, sans savoir concrètement comment apporter notre aide. On échange quelques mails, on passe un coup de fil au responsable du centre. Nous avons rendez-vous avec les Enfants de la Rizière.

Les enfants des rues de Siemp Reap

Le pays confronté à la dictature catastrophique des Khmers Rouges, à la guerre civile et aux troubles qui ont précédé et suivi ces évènements, a commencé à se reconstruire de son mieux. Ce qui subsiste, c’est une sous-classe sociale, sans accès à l’éducation ou aux soins pour les enfants, qui survit comme elle peut. Dans des zones urbaines qui sont devenues de plus en plus peuplées, et misérables, des gens sans moyens de cultiver la terre ou d’avoir un emploi procurant un revenu stable se sont tournés vers les étrangers, en quête de commerce de rue et de dons pour les pauvres. On estime aujourd’hui qu’il existe encore plus de 80 000 enfants orphelins et enfants vulnérables au Cambodge.

Siemp Reap, ainsi que le site d’Angkor Wat, avec les touristes qui viennent en masse visiter les anciens temples, est devenu un phare pour tous ceux qui sont assez désespérés pour aller chercher leur revenu dans la rue. Dans la plupart des cas, les enfants les plus jeunes sont mis au travail, car leur sourire et leurs jeux séduisent les visiteurs. Cela fait obstacle à leur éducation, et la retarde d’autant plus. L’éducation, c’est pourtant leur seule chance d’échapper au cercle vicieux de la pauvreté. Le deuxième groupe à risque, ce sont les adolescents, considérés comme assez âgés pour contribuer aux gains de la famille. Ils peuvent se retrouver impliqués dans le commerce sexuel clandestin, le trafic et l’exploitation.

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Nous sommes très chaleureusement accueillis par les plus grands et Papa Thi, le responsable du centre. Le cours d’anglais terminé, les petits viennent nous rejoindre. Il leur faudra peu de temps pour nous embrigader dans leurs jeux ! Juste s’assoir autour d’une table, discuter, leur apprendre une chanson, leur montrer notre carnet de voyage, ils ont soif de tout ce qu’on peut leur apporter. Et ils sont aussi très impatients d’apprendre à jouer de la guitare !

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Ils nous demandent si nous sommes mariés et sont étonnés de notre réponse négative. On ne comprend pas ce qu’ils se racontent en Khmer, mais on dirait qu’une idée vient de germer dans leurs petites têtes…

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Au moment de partir, ils nous tiennent par la main, nous font des câlins, nous redemandent de revenir. On ne réfléchit pas longtemps, on reviendra demain.

Le lendemain c’est une vraie fête qui nous attend quand on arrive. On discute en français et en anglais, on bricole ensemble. Le carnet de voyage de Bérengère s’est rempli à toute vitesse de dessins avec des coeurs et des « I Love You ». Damien leur apprend quelques morceaux de guitare et d’harmonica, ils nous apprennent à jouer du xylophone et du tam-tam cambodgien. La nuit tombée, on danse au rythme de leur musique.

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Les filles prennent Bérengère à part, et lui demandent si elle veut se marier. Sans répondre « oui » ou « non », les filles lui expliquent comment se déroulera la cérémonie du lendemain, et surtout qu’il ne faudra pas oublier d’apporter des gâteaux, des bonbons, des fruits et du Coca !! Il est l’heure de retourner à notre hôtel. Les enfants nous suivent jusqu’au portail puis jusqu’à notre tuk-tuk. Difficile de se quitter.

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Le grand jour est arrivé. On nous habille avec des tenues traditionnelles. Ca paillette dur ! On vous laisse admirer les froufrous sur les épaulettes et les couleurs de la tenue de Damien. Le rose ne lui va pas si mal finalement !

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Sur un grand tapis posé à même le sol, on se retrouve au centre des festivités. Papa Thi demande à ses ancêtres l’autorisation de célébrer la cérémonie. On fait des offrandes, on prie en joignant nos mains sur un coussin, le tout au rythme de la musique du xylophone et du tam-tam. Puis des pétales de frangipanier tombent du ciel. On offre chacun un fruit à Papa Thi puis on distribue les confiseries aux enfants. S’en suit une fête sur la piste de danse.

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Voilà comment des enfants d’une moyenne d’âge de 10 ans ont réussi à nous marier ! Alors que ce n’était pas du tout dans nos plans !

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On a passé trois jours formidables avec ces enfants qu’on remercie infiniment. Ils nous ont marqués pour longtemps par leur joie de vivre, leur sourire, leur immense soif d’apprendre, leur autonomie, leur capacité à vivre en collectivité et toute l’affection qu’ils ont à offrir. Promis, on vous enverra bientôt les photos.

Pour plus d’information sur l’association : http://enfantsdelariziere.e-monsite.com/

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Siem Reap

On arrive à Siem Reap où on réapprend à négocier le prix des tuk-tuks dans la bonne humeur. Les chauffeurs s’occupent comme ils peuvent en attendant les clients, en jouant aux échecs ou en faisant une sieste dans un hamac attaché dans leurs tuk-tuks…

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On pose nos affaires dans un hôtel bon marché pour quelques jours puis on part déambuler dans les rues paisibles de la ville, on fait du lèche-vitrine et on se fait embarquer en tuk-tuk pour aller découvrir la fabrication d’épices, de bougies et de savon.  Les paniers qui servent d’emballage sont tressés devant nous à la main avec des feuilles de smocks.

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On poursuit la journée à l’école des artisans. Les élèvent y apprennent à tailler la pierre, à sculpter le bois, à tisser, à peindre sur divers supports. Des arts qui renaissent après avoir quasiment disparus à l’époque des Khmers Rouges.

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Les khmers rouges

En 1954, à la fin de la guerre d’Indochine, alors que la plupart des militants communistes se réfugiaient au Viêt Nam du Nord, un certain nombre d’entre eux décident de résister au régime du Prince Sihanouk, une guerre civile commence.

Le noyau militaire du mouvement exige une discipline aveugle. Sa réputation de cruauté se répand très rapidement. 
Les Khmers Rouges prennent le pouvoir au Cambodge en avril 1975, dans un pays dévasté par la guerre civile.
 Ce pays a reçu en trois ans trois fois plus de bombes américaines que le Japon pendant la Seconde guerre mondiale.

Pol Pot dirige le gouvernement. Dès lors les frontières se ferment et une expérience démentielle commence. Immédiatement, toutes les villes doivent être évacuées. Un missionnaire français rapporte ces propos d’un commissaire politique :

« Il faut que les gens apprennent qu’ils naissent du grain de riz. En suant pour défricher, pour semer, planter, récolter, l’homme connaît la vraie valeur des choses. La ville est mauvaise, non pas les gens : car les gens sont réformables, mais pas la ville ; c’est en ville qu’on trouve l’argent et la corruption ».

Sur cette base incroyable, tous les signes d’une société dite décadente sont abandonnés : vêtements de couleur, machines à écrire, électrophones, radios, automobiles, télévisions, écoles, postes, eau courante et jusqu’aux hôpitaux et aux marchés.

Le pays est ramené à l’époque du Néolithique. Toute la population est employée à la riziculture et à des travaux d’irrigation épuisants. Dès l’âge de huit ans, les enfants travaillent 10 heures par jour pour un bol de soupe et deux bols de riz par jour. Les organismes épuisés et sous-alimentés ne résistent pas à la maladie. La malaria fait rage et aucun médicament ne doit être demandé à l’étranger. La vie privée n’existe plus et les familles sont séparées.

En dehors des dirigeants, ceux qui ont été en contact avec l’Occident sont éliminés. Porter des lunettes c’est-à-dire avoir l’air d’un intellectuel est synonyme de condamnation à mort immédiate.

Entre 1975 et 1978, plus de 300 000 personnes ont été exécutées de manière individuelle ou collective et 2 à 3 millions de personnes sont mortes de maladie, de privation ou des sévices.

Les Vietnamiens prennent Phnom Penh, la capitale, le 7 janvier 1979. Pol Pot s’enfuit à l’étranger devant l’avancée des troupes en avril. Il sera condamné à mort par contumace pour génocide en août 1979.
 La sentence ne sera jamais exécutée. Il meurt de sa belle mort au Cambodge en mai 1998 après s’être retranché dans un des derniers maquis Khmers Rouges.

Le cauchemar n’est pas fini. La famine règne dans le pays. La Croix-rouge met en place un vaste programme d’aide pour sauver plus de 2 millions de personnes dans une situation critique. 
Le Viêt Nam n’a retiré ses troupes du Cambodge qu’en 1990. L’aide tardive des Etats-Unis permet un léger espoir. 
Cependant, il faudra plusieurs générations pour que les horreurs de ces 4 ans s’estompent dans la mémoire de la population.
 Le Cambodge reste l’un des pays le plus pauvre au monde. Mines et bombes, souvenirs de tant de combats, continuent à mutiler et à tuer.

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La légèreté apparente de la vie dans les rues de Siem Reap contraste durement avec un passé des plus horribles. Les musiciens mutilés jouant dans la rue, les orphelinats toujours nombreux dans le pays et la campagne toujours minée nous rappellent que ce passé n’est pas si lointain.

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Ban Lung – Premiers pas en terre cambodgienne

On passe la frontière à pied, sous le cagnard. Passer cette ligne, on l’a remarqué depuis le début de ce trip en Asie, est à chaque fois un moment clef du voyage. En quelques dizaine de minutes, on quitte une culture pour en embrasser une autre. Les différences nous sautent à la figure. On déguste.

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Première impression sur les bords des routes où le bois des maisons cambodgiennes contrastent avec le béton vietnamien. Moins de monde, moins de bruit, moins d’agitation, plus de calme, les gens sont agréables et détendus, on respire.

On rejoint Ban Lung dans la province du Ratanakiri. C’est une région reculée du Cambodge et majoritairement peuplée de minorités vivant dans les montagnes. Très préservé, le Ratanakiri possède des écosystèmes remarquables et est un haut lieux de la biodiversité en Asie du Sud-Est. Près de la moitié du Ratanakiri est occupé par des zones protégées. Mais malheureusement au Cambodge, les parcs nationaux ne sont rien d’autre que des traits tracés sur une carte.

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Des tensions foncières

Dans une quête de « développement », l’état cambodgien attribue des concessions à des entreprises privées souhaitant exploiter les ressources entrainant dans certains cas des expropriations et des expulsions d’habitants. Les tensions foncières suscitent désormais des violences inquiétantes. L’an passé, le gouvernement cambodgien a accordé 800 000 hectares de concessions à des entreprises proches du pouvoir, selon des organisations militantes, soit 5% de la superficie nationale. Environ 300 000 hectares de plus ont déjà été attribués cette année.

Les concessions d’agro-industrie empiètent la forêt. Le coût environnemental et social serait très élevé, selon plusieurs ONG locales, qui dénoncent un nombre de concessions record en 2011. Dans un pays encore couvert à 59% par les forêts, la plupart des concessions sont autorisées sur des régions riches d’essences tropicales et de biodiversité, pour de l’agro-industrie et de l’extraction minière.

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Les ONG dénoncent aussi un impact négatif sur les communautés villageoises. Selon la ligue des droits de l’homme cambodgienne LICADHO, les études d’impact et les consultations préalables avec les riverains, obligatoires d’après la loi, seraient rarement effectives. «La plupart des paysans « découvrent » la concession quand les bulldozers arrivent à proximité du village», signale Mathieu Pellerin de LICADHO. On constate que les concessions « augmentent l’insécurité alimentaire des villageois et les confrontent à la perte de leurs traditions ».

Le Cambodge fait partie des vingt pays les plus corrompus au monde selon Transparency International. Cette année, deux journalistes environnementalistes cambodgiens ont été assassinés en raison de leur engagement contre la déforestation, dont un dans la région du Ratanakiri.

Dans une ambiance poussiéreuse, on explore les alentours en 2 roues … moteur, fait trop chaud pour pédaler ! On se perd dans les cultures d’hévéa, l’arbre à latex, on fait de longues pauses au milieu de pas grand chose, du fait des sautes d’humeur de notre scooter et on finit au plus grand plaisir de nos peaux crasseuses et collantes, dans un cratère, lieu prisé par les locaux pour la baignade. La vie vue du haut d’un ponton de bois, au coucher du soleil, fait toujours et avec grand plaisir … plouf !

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Prochaine étape Siem Reap, les monumentalement célèbres temples d’Angkor et des rencontres pas moins extraordinaires …

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Danang, Hoi An, bye bye Vietnam

Danang, cinquième ville du Pays, autant dire tout de suite que ça pétarade dans tous les sens. On aura juste le temps de visiter les alentours de la station de bus et de râler sur les chauffeurs en tout genre qui essayent un par un de nous prendre pour un des plus moches volatils parisiens !

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On file à Hoi An où on retrouve cette chaleur qui nous fait avancer à deux à l’heure. On s’arme de bicyclettes pour explorer des villages de pêcheurs qui sentent l’écaille. Puis le centre ville, ancien port marchand situé sur la route de la soie. Hoi An a absorbé au fil des années un peu de la culture chinoise, japonaise, portugaise, hollandaise et bien sûr de l’ancien colon français. On retrouve ce beau mélange dans l’architecture noyée sous les échoppes de vêtements et dans les assiettes à la gastronomie gourmande.

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Pour nous Hoi An est située sur la route du Cambodge. On file donc vers Pleiku, ville étape plus à l’ouest. Pour ne pas changer on prend un bus, avec, on en a l’habitude maintenant, un équipage haut en voltage et légèrement porté sur notre porte-monnaie. Après une journée de bus on arrive à Pleiku, décoiffés et décrépits, puis on entame notre mission quotidienne : recherche d’un endroit bon marché dans lequel on va pouvoir se vautrer. Toute une histoire.

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Le premier hôtel nous refuse et nous oriente ailleurs. Le deuxième pareil. Surpris, la ville n’attire pourtant pas les foules. Le troisième plus classieux nous accueille volontiers, classieux on a dit… donc on trace notre route. Le quatrième motel nous refuse en un coup d’oeil, ça commence à sentir mauvais. La gérante du cinquième hôtel nous fera comprendre qu’elle aura des ennuis avec la police si elle nous accueille, on se doutait d’une affaire pas claire, c’est confirmé. On n’insiste pas avec ces petits gérants qui n’en sont pas la cause. On a donc le choix entre un palace et un 3 étoiles ! On est ravi.

Dégoutés de se faire refouler comme des malotrus, on s’essaye aux méthodes d’Antoine de Maximy. On n’aura pas trouvé de lit, mais on se verra tout de même généreusement offrir des shooters d’alcool local et du thé, héhé !

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On finira avec 3 étoiles au-dessus de notre chambre non sans négociation. Pour résumer cette soirée, comme le disait si poétiquement Tchoubil’ « J’en ai Pleiku !! ». Le Vietnam nous aura laissé ce goût de poisson frais, délicieux… mais infesté d’arêtes !! A l’aube on file au Cambodge avec une réelle impatience.

Trajet Vietnam

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La Baie d’Halong

A Lao Cai, un belge de guitariste, tombé en amitié avec la guitare de Damien, revisite Brassens en nous chantant les charmes de la brave Margot… Bon moment musical partagé. Merci Collin. A regret, on écourte cet apéro-concert de poche, le bus n’attend pas, direction la côte Est.

Mythique, mystique, spectaculaire, mais surtout asphyxiée de monde, on appréhende beaucoup la Baie d’Halong. Avant de s’y rendre, on s’informe sur des blogs à propos des croisières : « Des milliers de touristes, on se croirait à Disneyland », « Embouteillage de bateaux devant les grottes », « Repas peu copieux : une orange à partager en 6 pour le dessert », etc.

Bref, il nous faut trouver une alternative. Brasse coulée ? Pédalo ? Radeau de bambou ? En s’informant, on apprend que partir de l’île de Cat Ba au lieu de Halong peut-être intéressant. Un endroit moins touristique et apparemment tout aussi joli. On débarque alors sur cette île. A notre arrivée sur le quai on est agréablement surpris : seulement deux personnes nous accostent. On suit l’une d’entre elles qui nous propose une croisière sur jonque privée 2 jours/1 nuit, repas compris, départ dans l’heure qui suit. 60 euros par personne après négociation. C’est parti !

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Le Capitaine Do et son cuisinier nous accueillent sur leur jonque. Pas toute fraiche ni luxueuse (ça on s’en fiche), mais la chaleur sur le bateau nous vient de son équipage. Nous voilà dans un lieu calme, tranquille, le temps s’arrête. On s’installe sur le pont, on se laisse bercer par le ronron de la machine, le nez au vent. On s’enfonce dans les couloirs formés de milliers de pitons calcaires, martelés par le ciel, sortant des eaux comme par magie.

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On découvre la vie qui peuple cette baie avec ses villages flottants, ses maisons reposant sur des bidons vides et sous lesquelles sont élevées toutes sortes de poissons et de mollusques.

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De ça et delà, on aperçoit des plages de sable fin. La forêt recouvre ces mastodontes de calcaire, quelques uns abritent des grottes… L’érosion les guette jour après jour. Sur cette mer calme et huileuse, on prend un kayak pour s’en approcher jusqu’à accéder à des lacs intérieurs. On apprécie ce lieu de calme et de tranquilité par excellence, des rapaces volant au-dessus de nos têtes et des singes nous guettant depuis les branches des arbres.

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Parfois le ciel fait splic sploc et parfois la vie fait plouf. Mais dans la Baie d’Halong, les gouttes tombent à pic, dans une eau devenue turquoise et les plongeons sont … olympiques !! Preuves en image. On vous laisse juge pour mettre une note au Tchoubil :

Pour garder intacte cette touche de rêve ancrée dans nos têtes, on appliquera un flou artistique dans nos mémoires sur les innombrables déchets qui naviguent au quatre coins de la baie.

En compagnie d’un équipage à nos petits soins qui nous a concocté de délicieux repas, nous avons profité du charme de cet endroit hors du commun classé intégralement au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Ces deux jours resteront un des moments forts de notre voyage.

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Bus, bateau, bus, bus et 17 heures plus tard, on se retrouve à Danang au centre du Vietnam.

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Le marché ethnique de Can Cau

On continue notre tour en bécane pour aller au marché de Can Cau, en pleine campagne, en pleine montagne, sans village autour. Quand on arrive sur place, on est émerveillé de découvrir des centaines de femmes Hmongs avec de jolies jupes plissées aux broderies multicolores. On a l’impression d’arriver dans un autre monde. Les femmes commercent les vêtements, les tissus colorés et les fruits et légumes pendant que les hommes sont attroupés au marché aux buffles en contrebas.

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On observe beaucoup, on essaie de se fondre dans le décor, on les regarde marchander, on est curieux de découvrir de nouvelles plantes, on admire leurs tenues. Bérengère craque d’ailleurs pour une tenue traditionnelle Hmong. C’est aussi une façon de soutenir les populations des montagnes… et d’alourdir le sac de Damien !! Une année est nécessaire pour confectionner de telles robes. Certaines femmes peuvent porter jusqu’à 8 mètres de tissu sur elle !

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On sympathise avec deux femmes Hmongs qui parlent anglais puis on mange ensemble un « pho », un plat vietnamien à base de nouilles de riz, de bouillon, d’herbes et d’autres plantes dont on ne connaît pas le nom, bon marché et bien consistant. Le stand d’à côté proposait du chien, la couleur de la viande ne nous a pas inspirée…

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Ce marché hebdomadaire a un rôle très important dans les échanges économiques, sociaux et culturels des groupes ethniques. Toutes les populations ethniques, plus de 30 groupes différents dans le Nord du pays, possèdent des costumes, des langues, des traditions et des religions différentes.

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Les Hmongs

La minorité ethnique Hmong est une des plus importantes dans la région du Mékong, répartie principalement dans le nord du Laos, le nord du Vietnam et la Thaïlande. Ce peuple, venu du sud de la Chine, habite les montagnes et est connu pour sa faculté à cultiver des terres abruptes. On distingue différents groupes au sein des Hmongs, les Hmongs Noirs, Hmongs Verts, Hmongs Blancs ou encore Hmongs Fleuris que nous avons rencontrés ici. Leurs noms sont directement liés aux tenues des femmes. 

Ce peuple a une histoire tourmentée. Il est devenu tour à tour allié des Français lors des guerres d’Indochine, puis des Etat-Unis lors des guerres du Vietnam. Le retrait des troupes américaines, suivi de la prise du pouvoir d’un gouvernement communiste au Laos et au Vietnam qui les considère comme des « traitres », amène près de 300 000 Hmongs à fuir ces pays. Aujourd’hui, bien que le peuple Hmong soit intégré à la vie laotienne et vietnamienne, une partie non quantifiable est réfugiée dans la jungle où des conflits persistent. Peu d’informations sont disponibles sur la situation. On parle même d’extermination ou de génocide : Article Wikipédia

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Ce marché reculé, aux mille couleurs, entouré par des rizières en terrasse, nous aura fait participer à la vie ethnique locale. Bérengère était aux anges avec toutes ces paillettes et ces papillons !! Retour vers Bac Ha par une route aux cols et paysages étonnants.

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Sapa

De Lao Cai, on loue une nouvelle fois une motocyclette, on est définitivement devenu fan, Tchoubil au guidon, Bébère qui prend l’air. La route qui grimpe vers Sapa nous offre de nombreux panoramas sur les rizières en terrasse, paysages typiques de cette région.

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On arrive en fin de journée à Sapa, à 1650 mètres d’altitude, une ville entourée de montagnes. On prend une petite route qui descend vers la vallée Muong Hoa, de laquelle on surplombe les terrasses de rizières en cascade. On s’installe dans une charmante Homestay où nous sommes chaleureusement accueillis. On prépare la cuisine ensemble. On est maintenant des pros des rouleaux de printemps ! Diner sympathique avec shooters de vin de riz pour animer la soirée, on y prend goût !!

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Le lendemain on s’arrête dans la ville de Sapa. Des boutiques, des hôtels, des restaurants à foison, des villas coloniales vestiges des guerres successives avec les Français, les Américains et les Chinois. Les femmes Hmongs en tenue traditionnelle, parfois très jeunes, essaient de nous vendre avec persistance leur artisanat. On leur fait bien comprendre qu’elles ne feront pas affaire avec nous, on discute avec elles dans un anglais qu’elles maitrisent bien, on rigole, mais leur persévérance est sans égal ! « Shopping with me !! Shopping with me » !!

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On reprend la route vers Bac Ha pour se rapprocher du marché ethnique de Can cau du lendemain. On s’éloigne de Sapa et ses rues commerciales et on s’arrête sur la route prendre un café. Le café vietnamien est atypique et excellent d’ailleurs. Un groupe de Vietnamiens assis à la table d’à côté repèrent la guitare. Ils ont envie de la voir de plus près et entendre Damien en jouer. Ils nous invitent, nous offrent des bières et des cigarettes. Ambiance festive d’un vendredi après-midi après une semaine de travail. On ne parle pas la même langue mais on rigole bien. Leur « Jup Surk Kwa » ou « Yop », notre « Tchin tchin », est international ! Et qu’est-ce que ça les fait rire de voir nos bras poilus,  nos grands nez et nos ventres blancs !!!

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